3,8 milliards $ pour contrer la pauvreté rurale en Afrique et dans le monde

3,8 milliards $ pour contrer la pauvreté rurale en Afrique et dans le monde


Récemment reconduit à la tête du Fonds international de développement agricole (FIDA), le Togolais Gilbert Houngbo aura fort à faire en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et la faim. C’est dans cette logique que s’inscrit la douzième reconstitution des ressources du FIDA (FIDA12). Un processus qui permet déjà aux différents pays d’apporter des contributions financières après avoir défini leurs priorités sur la période 2022-2024.

Pour le président du FIDA « Aucune femme ou aucun homme vivant dans les zones rurales ne devrait jamais se retrouver contraint de vendre ses maigres avoir pour simplement survivre ». Une déclaration qui laisse entrevoir clairement les priorités de son nouveau mandat de quatre ans : lutter contre la pauvreté et la faim mais aussi mettre l’accent sur l’adaptation au changement climatique et l’inversion du recul de la biodiversité. Pour atteindre de tels objectifs, il est important de mobiliser les moyens nécessaires.

Un financement record


Le FIDA pourra investir un montant sans précédent de 3,8 milliards de dollars en faveur des communautés rurales pauvres du monde. Lutter contre la pauvreté et la faim, mais aussi mettre l’accent sur l’adaptation au changement climatique et l’inversion du recul de la biodiversité. Une décision qui vient conforter considérablement la capacité du FIDA à faire face aux conséquences socio-économiques de la Covid-19 et du changement climatique. Ce financement touchera près de 140 millions de personnes dans les régions les plus fragiles et les plus reculées du monde sur les trois prochaines années (2022-2024). 
L’institution visera également à réaliser un programme de travail total d’au moins 11 milliards de dollars sur cette même période. Cet objectif ne peut être atteint qu’avec une extension du programme pionnier d’adaptation aux changements climatiques ASAP+, un nouveau programme de financement du secteur privé et des cofinancements de partenaires nationaux et internationaux. Pour le président Gilbert Houngbo, « Il est moins coûteux d’investir dans le développement durable et dans une meilleure résilience aux chocs à long terme que de répondre à des urgences humanitaires répétées.» 
Il a également expliqué que c’est la raison d’être des objectifs de développement durable et ce niveau, accru d’engagement à l’égard du FIDA, est une étape importante en vue de les atteindre. Les contributions qui ont été annoncées jusqu’à présent montrent que les Etats membres sont déterminés à éradiquer la pauvreté et la faim.  

Augmentation du niveau de contribution de plusieurs pays 


La France et l’Allemagne ont, dans une déclaration conjointe annoncé qu’ils décident tous les deux « d’augmenter considérablement leur soutien financier au FIDA pour atteindre un niveau sans précédent, en réponse au caractère à la fois ambitieux et nécessaire de FIDA12 pour lutter contre la pauvreté rurale en cette période critique ». 
Plusieurs autres pays considérés comme les gros bailleurs de fonds du FIDA ont aussi annoncé leur intention d’augmenter très nettement leur niveau de contribution. C’est le cas des Etats-Unis, qui sont incontestablement le plus gros bailleur du FIDA. Ils ont annoncé apporter une contribution de 129 millions de dollars, ce qui constitue une augmentation de 43 % par rapport à la contribution précédente. L’Italie a annoncé à son niveau 96 millions de dollars ce qui fait une hausse de 45 %. La Suède prévoit 87,3 millions de dollars, soit une augmentation de 60 %. La France a annoncé aussi une augmentation de 50 %. 
La Finlande et la Norvège ont également augmenté leurs contributions de base de 40 % en monnaie nationale. L’Allemagne, la Chine, les Pays-Bas, le Japon, le Cambodge, Madagascar, la Mauritanie, le Pakistan, les Philippines, le Canada et autres ont également annoncé des contributions importantes. 
L’autre fait remarquable dans cette mobilisation de fonds est l’annonce de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, de la Gambie, de la Grece, du Luxembourg, du Mali, de l’Ouganda, de Sao Tomé-et-Principe et de la Sierra Leone qui veulent contribuer pour la première fois depuis 2013. La Somalie a même annoncé sa première contribution en trente ans. Un engouement qui montre l’intérêt que portent les pays à la lutte contre la pauvreté rurale dans le monde. 


Les priorités des Etats sur le FIDA12


Les pays membre ont préconisé le financement d’un cadre pour la soutenabilité de la dette afin de garantir que les pays fortement endettés puissent continuer à recevoir des dons du FIDA. Pour les donateurs, au moins, la moitié des fonds reçus soutiendront des projets de développement rural en Afrique subsaharienne, et que plus d’un quart seront destinés à des pays connaissant des conflits ou autres situations de fragilité. 
L’autre priorité des donateurs est le changement climatique. Ils ont fait savoir qu’au moins 40 % seront investis pour faire face aux changements climatiques, contribuer à la réalisation de l’Accord de Paris et faire en sorte que davantage de financements de l’action climat parviennent aux petits producteurs. 

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Claudel Capo-Chichi

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