Joel Embiid : le futur meilleur basketteur de la NBA est peut-être camerounais !

Joel Embiid : le futur meilleur basketteur de la NBA est peut-être camerounais !


Au Etats-Unis, tous les fans de basket connaissent « The Process ». C’est par ce surnom que toute la ligue nord-américaine de basketball (NBA) désigne Joel Embiid. Après des débuts difficiles au sein de l’élite mondiale du basketball, le camerounais est bien parti pour faire partie des futurs meilleurs joueurs de la NBA.

Le 16 mai dernier, la NBA a dévoilé les joueurs finalistes pour ses trophées individuels. Les regards de toute l’Afrique étaient tournés vers le titre de meilleur défenseur de la ligue. Et comme prévu, le camerounais Joel Embiid se trouvait parmi les trois finalistes. Bien qu’éliminé en playfoffs, ce titre individuel pourrait venir ponctuer une excellente saison du joueur qui a notamment joué le All Stars Game, le match des étoiles. Pourtant, il y a deux ans, on avait du mal à imaginer que Joel Embiid arriverait, ne serait-ce qu’à fouler les parquets de la NBA.

Prodigieux volleyeur et fils prodigue

Dans sa famille, on savait que Joel Embiid pouvait devenir un sportif de haut niveau. Déjà, il en avait les gènes. Son père, le Colonel Thomas Embiid est un ancien joueur de handball de haut niveau. C’est donc tout naturellement que son fils, Joel-Hans, né le 16 mars 1994 à Yaoundé, touche du ballon très tôt. Dans un pays où tous les garçons ont rêvé, au moins une fois, de ressembler à Roger Milla ou Samuel Eto’o, Joel Embiid ne se tourne pas vers le football, et encore moins vers le handball, comme papa.

C’est au volley que se met le jeune camerounais, dès son plus jeune âge. Alors qu’il a 15 ans, le joueur a tout d’une future star de son sport. C’est étonnamment, à cette époque qu’il découvre le basket.

C’était la finale des Lakers contre Orlando. C’était très intense, et c’est comme ça que j’ai commencé à aimer le basket », explique Joel Embiid. « Donc forcément j’ai envie de vivre ça, de savoir un peu ce que c’est de jouer à ce niveau

complète le natif de Yaoundé. Joel essaye alors le basket. Problème. Son père refuse de le laisser pratiquer ce sport où une blessure à la cheville est vite arrivée. Ce type de blessure est un véritable croquemitaine pour les volleyeurs. Heureusement, un des oncles de Joel Embiid convainc son père de le laisser essayer le basket.

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Détecté par le 3e joueur camerounais de l’histoire de la NBA

En 2011, alors que Joel Embiid ne joue que depuis six mois au basket, Luc Richard Mbah A Moute, le 3e joueur camerounais de l’histoire de la NBA, organise un camp d’entrainement dans son pays. Joel ne veut pas se rendre à ce camp, ne se jugeant pas encore au niveau. Finalement, le coach du jeune homme l’oblige à y participer. Concernant ce jour, Joel Embiid assure avoir été moyen. Pourtant, cela suffit pour taper dans l’œil de Mbah A Moute. Ce dernier décide de convaincre le père de Joel Embiid de le laisser emmener son fils aux Etats-Unis pour lui trouver un lycée au sein duquel il pourra améliorer son basket.

Cela ne faisait que six mois qu’il jouait au basket. Mais les actions qu’il faisait étaient celles de gars qui ont des années de basket derrière eux. Je sais que cela avait l’air fou. Mais son père était un très bon joueur de handball. Il a compris

se rappelle Luc Mbah A Moute. Quelques semaines plus tard, Joel Embiid débarque dans le lycée de Montverde Academy. Il prendra alors conscience du gouffre qui le sépare du niveau de ses camarades sur les parquets. « Je n’arrivais pas à attraper un ballon », se rappelle-t-il.

Raillé par ses coéquipiers, il joue en Junior Varsity (deuxième division au lycée), ou est relégué sur le banc de l’équipe première. Visionnaire, Kevin Boyle, son coach de l’époque, demande aux autres d’arrêter de se moquer d’Embiid.

Dans cinq ans, vous allez lui demander de vous faire un prêt, parce que ce gars vaudra 50 millions de dollars. Vous ne pouvez imaginer à quel point ce gosse va être excellent

leur assure-t-il. Malgré tout, la situation de Joel Embiid ne s’améliore pas. Luc Mbah A Moute le fait transférer dans un autre lycée, pour son année de terminale. A Rock School, le coach, initialement sceptique, est conquis dès les premiers jours de la saison 2012-13. La progression de Joel sera effarante.

J’étais impressionné en voyant à quel point il était bon en arrivant. Très souple, avec de bonnes mains. Puis il a de superbes appuis. Incroyablement doué. Au début, ce n’était pas toujours rose. Il n’était pas dominant dans chaque match. Il avait ses hauts et ses bas. En analysant les matchs, on s’est rendus compte que Joel était notre meilleur joueur, et qu’on avait besoin de l’utiliser beaucoup plus

confie son coach. Joel devient plus régulier et enchaîne les bonnes performances. Il rejoint l’université à Kansas. Il y poursuit son évolution et commence de plus en plus à ressembler à la machine qu’on connait.

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Ralenti par les blessures

En 36 minutes par match, le Camerounais affiche à 18 points, 13 rebonds et quatre contres en moyenne par rencontre. Malheureusement, à quelques jours de la March Madness, le tournoi universitaire américain, Joel Embiid se blesse au dos, puis à un os du pied. Il est éloigné des parquets pendant six mois et rate la fin de saison. Malgré tout, Joel Embiid se présente à la Draft 2014, où les équipes de la NBA recrutent les joueurs prometteurs. Sans ses blessures, le camerounais aurait été parmi les premiers joueurs choisis. Finalement, le pivot sera choisi en troisième position, par les Sixers, l’équipe de Philadelphie. Il ne jouera pas de la saison 2014-2015, ni durant la saison suivante, le temps de soigner complètement ses blessures. Joel Embiid fera ses grands débuts en NBA le 27 octobre.

Joel Embiid fera ses grands débuts en NBA le 27 octobre

Joel Embiid fera ses grands débuts en NBA le 27 octobre

All Star

Joel Embiid se fait de plus en plus remarquer et est même considéré par de nombreux observateurs comme le futur meilleur joueur de la NBA. D’ailleurs, il ne tarde pas à le prouver. Surfant sur la vague de ses excellentes prestations, il est sélectionné pour le All Star Game, un match opposant les meilleurs joueurs de la NBA. A seulement 23 ans, le camerounais tutoie déjà les sommets de son sport. Et sa progression ne fait que commencer. Elle le mènera, il le croit fermement, aux cimes de ce sport de géant.

« Trust The Process » (Croyez le processus)

« Trust The Process » (Croyez le processus)

On comprend alors aisément pourquoi le public de son équipe scande fièrement sa confiance à son pivot. Sur le parquet de l’équipe des Sixers de Philadelphie, il faudrait un cataclysme pour ne pas entendre les fans s’écrier

« Trust The Process » (Croyez le processus)

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Servan Ahougnon

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