La Côte d’Ivoire se prépare à renouveler son Assemblée Nationale

La Côte d’Ivoire se prépare à renouveler son Assemblée Nationale


Après la présidentielle d’octobre 2020 qui a conduit à la réélection du président Alassane Ouattara, les électeurs ivoiriens s’apprêtent à retourner aux urnes le 6 mars prochain afin d’élire leurs représentants à l’Assemblée Nationale. Il s’agit des secondes élections législatives depuis le référendum constitutionnel ayant instauré la Troisième République en 2016 et mis en place le bicamérisme (deux assemblées représentatives).

En accord avec les dispositions transitoires de la nouvelle constitution de 2016, le mandat de l’assemblée élue en 2016 s’achève exceptionnellement en décembre 2020, soit au bout de quatre ans au lieu de cinq. Une révision constitutionnelle effectuée en mars 2020 permet néanmoins au parlement sortant de rester en fonction en cas d’impossibilité de tenir le scrutin dans les délais. L’organisation de ce dernier dans le contexte de la pandémie de covid-19 est en effet jugée impossible avant le 31 décembre par le président Ouattara, qui en prévoit, de fait, le report. Lors de son discours d’investiture pour son troisième mandat le 14 décembre, il a annoncé la tenue des élections au premier trimestre 2021. La date est par la suite fixée au 6 mars sur proposition de la Commission électorale indépendante (CEI).

Quel est le niveau des préparatifs de ce scrutin ?

Pour réussir à organiser les élections à la date fixée, la Commission électorale indépendante a dressé son calendrier. C’est ainsi qu’elle a reçu du 4 au 20 janvier dernier les dossiers de candidature à ces législatives. Après cette étape, elle a publié le 31 janvier, la liste provisoire des concurrents en lice. Selon RFI, près de 1300 dossiers de candidatures ont été retenus, parmi lesquels de nombreux indépendants. Ces candidats vont donc se lancer à l’assaut des 255 sièges de députés.

L’institution en charge de l’organisation des élections a par ailleurs annoncé le 14 janvier, que la campagne électorale se tiendra du mardi 26 février au mercredi 4 mars 2021. « La proclamation des résultats provisoires sera faite le mardi 9 mars, soit trois jours après les élections » a fait savoir Coulibaly Kuibiert, le président la CEI. Il a ajouté qu’en cas d’égalité parfaite, de nouveaux scrutins seront organisés le 24 mars et les résultats provisoires proclamés le 25 mars.

Un quota de 30 % de femmes exigé

Parmi les conditions exigées pour participer à ces élections figure la polémique question d’un quota de 30 % de femmes. En effet, depuis un décret pris en novembre 2020, les partis doivent obligatoirement présenter un minimum de 30% de femmes sur le total de leurs candidats. Le décret va encore plus loin en encourageant les partis a en présenter davantage afin de s’assurer un financement public supplémentaire destiné aux partis présentant plus de 50 % de candidatures féminines.

Cette exigence a causé de difficulté à plusieurs partis politiques, qui avaient demandé un report du dépôt des dossiers afin de trouver suffisamment de femmes candidates. Une demande qui n’a pas abouti.

L’opposition en rang dispersé

Les leaders de l’opposition avaient annoncé une volonté de participer aux élections sur une liste unique, mais finalement cet objectif n’a pu être atteint. Selon Jeune Afrique, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié et les formations pro-Laurent Gbagbo ont rompu avec les autres partis, dont le Front populaire ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’Guessan. L’opposition n’a donc paspu s’entendre sur une stratégie commune face au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara.

RFI a indiqué que la plateforme EDS proche de l’ancien Président Laurent Gbagbo a décidé de participer au scrutin après des années de boycott et a donc pour l’occasion formé une alliance avec le PDCI, son ennemi idéologique de toujours. Cette attitude a provoqué l’agacement des autres partis de l’opposition mis de côté. « Ils (PDCI et EDS) ont voulu se tailler la part du lion. Nous regrettons de ne pas avoir trouvé un accord. Tout cela laisse un goût amer car, ensemble, nous aurions été plus forts » a déclaré Jean Bonin Kouadio, l’un des partisan du FPI.

Le PDCI et l’EDS ont affirmé de leur côté avoir tout tenté pour former une large coalition mais que les autres « petits partis ont essayé d’entrer dans la danse alors qu’ils ne pèsent pas chose, voire rien du tout pour certains » a affirmé à un membre du PDCI cité par Jeune Afrique.

Un RHDP discipliné

La désignation des candidats du parti au pouvoir aux élections législatives ne s’est pas fait par des primaires. Le président Ouattara a préféré confier les arbitrages à trois personnalités. Il s’agit d’un influent directeur exécutif du parti et des deux vice-présidents du parti que sont le premier ministre Hamed Bakayoko et le ministre d’Etat et secrétaire général de la présidence Patrick Achi. Selon Adama Bictogo, membre du parti, deux étapes ont été mises en place pour la soumission des candidatures. La première au niveau des coordinations régionales et la seconde au niveau de la direction exécutive. « Nous procéderons à des arbitrages consensuels et équitables, mais le dernier mot reviendra au président du parti, le Chef de l’Etat » a-t-il ajouté. Pour éviter d’éventuelles intentions indépendantes, le RHDP a mis en place un processus qui pousse les prétendants candidats à renoncer à toute candidature indépendante.

C’est donc dans cette ambiance préélectorale d’une opposition allant en rang dispersé et d’un parti au pouvoir uni que les élections législatives auront lieu le 6 mars prochains sur tout le territoire ivoirien.

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Claudel Capo-Chichi

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