Le Congo-Brazzaville vers l’élection de son prochain Président

Le Congo-Brazzaville vers l’élection de son prochain Président


Les Congolais sont appelés aux urnes le 21 mars prochain pour élire leur prochain président de la République. L’élection présidentielle de cette année va se tenir dans un contexte où l’opposition est divisée sur la conduite à tenir et où le processus électoral est fortement contesté. 

Sept candidats en lice

La cour constitutionnelle du Congo a validé le 18 février dernier, sept candidatures et a rejeté celle d’un opposant. Il s’agit de celle de l’opposant Michel Mboussi Ngouari. Selon Auguste Iloki, président de la cour constitutionnelle, il lui est reproché de ne pas avoir présenté notamment un certificat médical délivré par les médecins assermentés et une déclaration de moralité fiscale.
Par contre, la candidature de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolélas (photo) qui avait été deuxième lors de l’élection de 2016 a été retenue. Celles de l’ancien ministre des Finances Mathias Dzon, du deuxième secrétaire de l’Assemblée nationale Joseph Kignoumbia Kia Mboungou, de l’inspecteur des douanes Anguios Nganguia Engambé, de Albert Oniangué, ancien aide du président sortant, de Dève Mafoula, le plus jeunes parmi eux et bien évidemment de Denis Sassou Nguesso, le président sortant ont également été retenues. 

Le président sortant se représente 


Le président sortant Denis Sassou-Nguesso, qui est au pouvoir depuis 1997, est encore candidat pour nouvelle réélection. Il a été désigné candidat du parti congolais du Travail (PCT) à l’issue d’un congrès organisé en décembre 2019. Le 23 janvier dernier, il a annoncé officiellement sa candidature. « Oui ! Nous nous portons candidat à l’élection présidentielle de mars prochain. Et nous pensons qu’ensemble, dans la paix, nous allons poursuivre la longue marche vers le développement de notre pays » avait-il déclaré. 
Il faut rappeler qu’à 77 ans, le président congolais a déjà passé 36 ans à la tête du pays. Il fait partie des dirigeants africains ayant le plus longtemps exercé le pouvoir. En effet, il fut président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992. Il reprend le pouvoir en 1997 par une intervention des forces armées angolaises après avoir renversé le président élu Pascal Lissouba. Ce coup d’Etat a eu lieu au début de la guerre civile du pays. 
Il faut noter également qu’en 2016, il a fait modifier la Constitution pour se faire réélire dans des conditions de vives contestations. 

Le processus électoral contesté 


Certaines formations de l’opposition ont décidé de boycotter purement et simplement l’élection. C’est le cas par exemple de la principale formation de l’opposition, l’Union Panafricaine pour la démocratie Sociale (UPADS). Ce parti a annoncé qu’il ne présentera pas de candidat. Les responsables refusent de se lancer dans une course dont les règles de jeu posent problème en amont. Ils exigeaient un recensement administratif pour une maîtrise du corps électoral, des cartes électorales biométriques et aussi la refonte de la Commission électorale nationale. Comme ce parti, la Fédération de l’opposition congolaise de Clément Mierassa et le MUST de l’ancienne ministre Claudine Munari ont également refusé de participer pour cause de mauvaise organisation du scrutin. L’opposition est donc divisée sur la démarche à tenir car contreraient à l’UPADS, d’autres candidats de l’opposition dont Guy-Brice Parfait Kolélas  ont décidé de participer à l’élection.
Les partis politiques d’opposition ne sont pas les seuls à douter de la bonne organisation de l’élection. L’Église catholique s’en est aussi mêlée. La conférence épiscopale du Congo a déclaré avoir « de sérieuses réserves concernant la tenue d’une élection présidentielle apaisée, participative, transparente, libre et crédible ». Le conseil plaide pour que l’alternance au pouvoir devienne une règle intangible et immuable pour la démocratie. 

Il faut rappeler qu’au Congo-Brazzaville, le président est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable deux fois. Le candidat qui réunit la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour est déclaré élu président de la République. À défaut, les deux candidats arrivés en tête s’affrontent lors d’un second tour organisé vingt et jours après la proclamation des résultats du premier tour par la cour constitutionnelle, et celui qui réunit le plus grand nombre de voix est déclaré élu. 


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Claudel Capo-Chichi

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