Patrick Awuah qui avait démissionne de Microsoft aux USA pour éduquer les jeunes leaders africains en fondant l’Université Ashesi au Ghana

Patrick Awuah qui avait démissionne de Microsoft aux USA pour éduquer les jeunes leaders africains en fondant l’Université Ashesi au Ghana


L’entrepreneur ghanéen fondateur de Ashesi University au Ghana est le premier africain et le plus jeune lauréat à obtenir ce prix doté de 500.000 dollars et créé en 2011. Ancien employé de Microsoft aux USA, où il est diplômé de l’université de Californie à Berkeley, Patrick Awuah a créé Ashesi en 2002 au Ghana.
Il a récemment remporté le prestigieux Wise Prize for Education 2017, le « Nobel de l’éducation » doté de 500 000 dollars.
Objectif : créer une université qui enseigne les compétences du 21ème siècle. Ashesi propose une éducation fondée sur deux piliers : l’éthique et l’empathie ainsi que l’innovation et la résolution de problèmes . En 2002, l’université a ouvert ses portes dans une maison en location avec une première classe de 30 étudiants. Aujourd’hui , elle possède un campus moderne sur 100 hectares avec près de 900 étudiants. Ashesi University College offre une formation de 4 ans en ingénierie, administration des affaires, informatique et systèmes d’information de gestion. La moitié des étudiants sont des femmes et plus de 20 pays sont représentés sur le campus. Chaque diplômé de Ashesi a trouvé un emploi de qualité, et presque tous sont restés en Afrique, où beaucoup ont démarré des entreprises.
Si plusieurs africains avaient l’esprit critiques comme Patrick Awuah cela pourrait transformer l’Afrique, le continent ferait de grands progrès pour se débarrasser de la corruption, la faiblesse des institutions, et surtout des dirigeants qui n’ont pas de sens de l’éthique et qui sont inefficaces.
À un moment où un certain nombre d’Africains font la queue devant les ambassades de pays étrangers dans l’espoir d’avoir des visas , espérant ainsi avoir «de meilleures conditions de vie», quelques rares comme Patrick Awuah retournent à la maison pour essayer d’apporter un changement.
En 2001, après avoir vécu en Amérique pendant près de deux décennies, Patrick Awuah est retourné au Ghana. Il a quitté son emploi chez Microsoft, où il a gagné des millions en tant que gestionnaire de programme pour mettre en place l’Université Ashesi à Accra.
« Si les dirigeants actuels avaient été éduqués d’une autre façon, s’ils étaient formés pour la résolution de problèmes, s’ils avaient une profonde compassion pour la société, nous serions plus avancés » a-t-il déclaré
A son retour il ya 14 ans, il a découvert que pour chaque problème il y avait trois facteurs : La corruption, La faiblesse des institutions, et les gens qui les dirigent- les dirigeants. Patrick s’est posé deux questions très importantes: Qui sont ces dirigeants ? Pourquoi le Ghana produit des dirigeants qui sont sans éthique ou incapables de résoudre les problèmes? Dans la recherche des réponses, il a examiné le système éducatif du pays et a réalisé que rien n’avait changé pendant son absence.
« C’est toujours l’apprentissage par cœur, depuis l’école primaire jusqu’aux études supérieures. Très peu d’accent sur l’éthique … et le diplômé typique d’une université au Ghana a un sens d’un droit acquis et aucun sens de la responsabilité ou du devoir. Ce n’est pas normal. »
La détermination de Patrick Awuah pour résoudre ce problème a abouti à la conception et la naissance de l’Université #Ashesi, une institution crée pour favoriser le leadership des jeunes africains. « Toute société doit être très déterminée pour éduquer ses dirigeants … donc c’est ce que je fais maintenant. J’essaie d’apporter En Afrique, l’expérience que j’ai eu aux Etats Unis .Nous essayons de former les dirigeants avec une intégrité exceptionnelle, qui ont la capacité de faire face aux problèmes complexes, poser les bonnes questions, et de trouver des solutions viables »
Traduction en Français de son discours
“Comme beaucoup d’entre vous ici, j’essaie de contribuer à une renaissance de l’Afrique. La question de la transformation en Afrique est vraiment une question de leadership. L’Afrique ne peut être transformée que par des leaders éclairés. Et je suis certain que la manière avec laquelle nous éduquons nos leaders est fondamentale pour progresser sur ce continent. Je veux vous raconter quelques histoires qui illustrent mon point de vue. Nous avons tous compris, hier, l’importance des histoires. Une amie Américaine, cette année, s’est portée infirmière volontaire au Ghana. En trois mois, elle est arrivé à une conclusion à propos du leadership en Afrique qu’il m’avait fallut dix ans à comprendre. A deux reprises, alors qu’elle participait à des opérations chirurgicales, ils ont perdu le courant à l’hopital. Les générateurs d’urgence n’ont pas démarré il n’y avait pas de lampes de poche, pas une lanterne, pas une bougie. Noir total. Le patient est grand ouvert — les deux fois. La première fois c’était une césarienne. Heureusement, le bébé était sorti — la mère et l’enfant ont survécu.
01:22
La deuxième fois c’était pendant une opération avec anesthésie locale. Les anesthésiques disparaissent. Le patient sent la douleur. Il pleure. Il hurle. Il prie. Noir total. Pas une bougie, pas une lampe de poche. Et cet hôpital avait les moyens d’avoir des lampes de poches. Ils auraient pu se permettre d’en acheter, mais ils ne l’ont pas fait. Et c’est arrivé à deux reprises. Une autre fois, elle a vu avec horreur un patient mourir parce qu’ils refusaient de lui donner l’oxygène qu’ils avaient. Et donc, trois mois plus tard, juste avant qu’elle revienne aux Etats-Unis, les infirmières d’Accra se sont mises en grève. Et sa recommandation était de saisir cette opportunité pour renvoyer tout le monde, et tout recommencer à nouveau. Tout recommencer à nouveau.
02:19
Qu’est-ce que tout cela à avoir avec le leadership? Voyez-vous, les fautes du ministère de la santé, des administrateurs d’hopitâl, des médecins, des infirmières — ils ne sont que 5% de leurs pairs à avoir continué les études après le lycée. Ils sont l’élite. Ils sont nos leaders. Leurs décisions, leurs actes sont importants. Et quand ils échouent, une nation, littéralement, souffre. Et quand je parle de leadership, je ne parle pas seulement des leaders politiques. On a déjà beaucoup entendu parler de ça. Je parle de l’élite Ceux qui ont été formés. Et dont le travail est d’être les gardiens de leur société. Les avocats, les juges, les policiers, les médecins, les ingénieurs, les fonctionnaires — ceux-là sont les leaders. Et nous devons les former correctement.
03:27
Ma première expérience notable avec le leadership au Ghana a eu lieu quand j’avais 16 ans. Nous venions de subir un putsch militaire, et les soldats étaient omniprésents dans notre société. Ils étaient partout. Et un jour, en allant à l’aéroport pour retrouver mon père, alors que je marche sur cette pente herbeuse qui va du parking jusqu’au bâtiment du terminal, je suis arrêté par deux soldats brandissant des fusils d’assauts AK-47. Ils m’ont ordonné de rejoindre une foule de gens qui tournaient en rond un peu plus loin. Pourquoi ? Parce que le chemin que j’avais pris était considéré comme interdit. Rien ne l’indiquait.
04:13
J’avais 16 ans. J’étais très préoccupé par ce que mes camarades d’école pourrait penser si ils me voyaient tourner en rond sur cette colline. J’étais particulièrement préoccupé par ce que les filles pourraient penser. Alors j’ai commencé à discuter avec ces hommes. J’étais un peu imprudent mais, vous savez, j’avais 16 ans. J’ai eu de la chance. Un pilote de Ghana Airways s’est retrouvé dans la même situation. A cause de son uniforme, ils lui parlent différemment, et ils lui expliquent qu’ils ne font que suivre les ordres. Alors il prend leur radio, parle à leur chef et nous fait tous libérer. Quelles leçons tireriez-vous d’une telle expérience ? Plusieurs, quant à moi. Le leadership est important. Ces hommes suivent les ordres d’un officier supérieur. J’ai appris quelque chose sur le courage. Il était important de ne pas regarder les armes. Et j’ai aussi appris qu’il peut être utile de penser aux filles.
05:08
(Rires)
05:10
Quelques années après cet évènement, j’ai quitté le Ghana avec une bourse pour aller étudier au Swarthmore College. Ce fut une grande bouffée d’oxygène. Dans cette université là, ils ne voulaient pas que nous mémorisions l’information pour leur répéter, comme j’en avais l’habitude au Ghana. Ils voulaient que nous pensions de manière critique. Que nous soyons capables d’analyser. Ils voulaient que nous soyons concernés par les problèmes sociaux. Dans mes cours d’économie, j’ai obtenu de bonnes notes pour ma compréhension des principes économique de base. Mais j’ai appris quelque chose de plus profond que ça, c’est que les leaders — les administrateurs de l’économie du Ghana — prenaient des décisions incroyablement mauvaises qui ont amené notre système au bord de l’effondrement. Et donc, voici encore cette leçon — le leadership est important. Il importe énormément.
06:08
Mais je n’avais pas tout à fait compris ce qui m’était arrivé à Swarthmore. J’avais juste une intuition. Mais je l’ai vraiment réalisé quand je suis arrivé sur le marché du travail et que je suis allé travailler à Microsoft. Je faisais alors partie de cette équipe — cette équipe qui pense et réfléchit, et dont le travail était de concevoir des nouveaux logiciels qui créent de la valeur à travers le monde. Et c’était brillant de faire partie de cette équipe. C’était brillant. Et j’ai alors réalisé ce qui m’était arrivé à Swarthmore, cette transformation — cette capacité à confronter les problèmes, les problèmes complexes, et à concevoir des solutions pour ces problèmes. La capacité de créer est la chose la plus gratifiante qui puisse arriver à un individu. Et j’en faisais partie.
07:04
Pendant que j’étais à Microsoft, les revenus annuels de cette compagnie ont dépassé le PIB de la République du Ghana. Et d’ailleurs, ils continuent d’augmenter. L’écart s’est élargi depuis que je suis parti. J’ai déjà parlé des raisons pour lesquelles cela est arrivé. C’est que les gens là-bas travaillent si intensément, ils sont persistants, créatifs, investis. Mais il y avait aussi des facteurs externes : libres marché, droit, infrastructures Tout cela était apporté par des institutions dirigés par ces gens que j’appelle les leaders. Et ces leaders ne sont pas apparus spontanément. Quelqu’un les a formés à faire le travail qu’ils font. Pendant que j’étais à Microsoft, cette drôle de chose est arrivée. je suis devenu père. Et pour la première fois, l’Afrique a compté pour moi plus que jamais. Parce que j’ai compris que l’état du continent africain serait important pour mes enfants et leurs enfants. Que l’état du monde — l’état du monde dépend de ce qui se passe avec l’Afrique, et que mes enfants seraient concernés.
08:28
Et à cette époque, alors que je traversais ce que j’appelle ma “crise de milieu de vie”, l’Afrique était en pagaille. La Somalie s’était dissoute dans l’anarchie. Le Rwanda était dans les souffrances du génocide. Et il m’a semblé que cétait la mauvaise direction, et que j’avais besoin de revenir pour aider. Je ne pouvais pas juste rester à Seattle et y élever mes enfants dans un quartier aisé et me sentir bien comme ça. Ce n’était pas le monde dans lequel je voulais voir mes enfants grandir. Alors j’ai décidé de m’engager, et la première chose que j’ai faite a été de retourner au Ghana et parler avec beaucoup de gens et essayer de comprendre ce qu’étaient les vrais problèmes. Et trois causes revenait sans cesse pour chaque problème : corruption, institutions faibles et les personnes qui les dirigent — les leaders
09:27
J’étais un peu effrayé parce que, quand vous voyez ces trois problèmes ils semblent vraiment durs à résoudre. Et on pourrait se dire : n’essaie même pas. Mais, pour moi, la question était : Mais d’où viennent ces leaders ? Comment se fait-il que le Ghana produise des leaders malhonnêtes et incapables de résoudre les problèmes ? Je suis donc allé voir ce qui se passait dans notre système d’éducation. Et c’était la même chose– l’apprentissage par coeur — de l’école primaire aux études supérieures. L’accent était très peu mis sur l’éthique. Et un étudiant lambda, un diplômé typique d’une université au Ghana a un sens plus fort de ses propres droits que de ses responsabilités. Ce n’est pas bien.
10:19
J’ai décidé de me confronter à ce problème en particulier. Parce qu’il me semble que chaque société, chaque société, doit être très attentive dans sa manière de former ses dirigeants. Et le Ghana ne faisait pas assez attention. Et cela est vrai à travers tout l’Afrique sub-saharienne. Donc voilà ce que je fais maintenant. J’essaie d’apporter en Afrique ce que j’ai appris à Swarthmore. Je souhaite qu’il y ait une université d’arts libéraux dans chaque pays d’Afrique. Je pense que cela ferait une grande différence. Et ce que l’Université d’Ashesi essaie de faire est de former une nouvelle génération de leaders honnêtes et entreprenants. Nous essayons de former des dirigeants d’une intégrité exceptionnelle, qui ont la capacité de se confronter à des problèmes complexes, de poser les bonnes questions et d’arriver avec des solutions réalisables.
11:24
J’avoue qu’il y a des fois où cela ressemble à “Mission Impossible”. Mais nous devons croire en l’intelligence de ces jeunes. Que si on s’implique dans leur éducation, si on les fait discuter des vrais problèmes auxquels ils se confrontent, auxquels la société entière se confronte — et si nous leurs donnons les compétences qui leur permettent de se mesurer au monde, alors la magie arrivera. Un mois après le début du projet, nous venions de commencer les cours. Et un mois après, j’arrive à mon bureau, et je tombe sur un email de l’un de nos étudiants. Et il disait, très simplement, “Maintenant, je pense”. Et il signe “Merci”. C’est une déclaration tellement simple. Mais j’en étais ému presque jusqu’aux larmes parce que j’avais compris ce qui était entrain d’arriver à ce jeune homme. Et c’est une chose fabuleuse d’aider quelqu’un comme cela. Maintenant, je pense.
12:43
Cette année-là, nous avions mis au défi nos étudiants de créer eux-mêmes un code d’honneur. II y a un très vif débat en ce moment au sein de l’université, pour savoir s’il devrait y avoir un code d’honneur, et si oui, à quoi il devrait ressembler. Une étudiante a posé une question qui m’a fait chaud au coeur. Peut-on créer une société parfaite ? Le fait d’avoir compris qu’un code d’honneur écrit par des étudiants puisse être un chemin vers la perfection est incroyable. Bien sûr, on ne peut pas atteindre la perfection. Mais si on tend vers elle, on peut atteindre l’excellence. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire au bout du compte. Je ne sais pas s’ils décideront d’avoir ce code d’honneur. Mais le débat qu’ils ont en ce moment — sur ce à quoi leur belle société devrait ressembler, ce à quoi leur excellente société devrait ressembler — est une très bonne chose.
13:50
Je n’ai plus de temps ? OK. Voilà, je veux laisser cette diapo parce qu’il est important qu’on y pense. Je suis très excité par le fait que chaque étudiant rendent des services à la communauté avant d’être diplômé. Pour beaucoup d’entre eux, cela a été une forte expérience de vie. Ces jeunes futures leaders commencent à comprendre ce qu’est vraiment le leadership Le vrai apanage du leadership, qui est, après tout, de servir l’humanité. Je suis encore plus enchanté par le fait que l’année dernière notre corps étudiant a élu une femme pour être à la tête de notre Conseil Etudiant. C’est la première fois dans l’histoire du Ghana qu’une femme a été élue à la tête d’un Conseil Etudiant dans une université. Cela en dit beaucoup à propos d’elle. Cela en dit beaucoup sur la culture qui se forme dans le campus. Cela en dit beaucoup sur ses camarades qui l’ont élu. Elle a gagné avec 75 % des votes.
15:13
Et cela me donne beaucoup d’espoir. Il s’avère que les entreprises d’Afrique de l’Ouest apprécie également ce qui se passe avec nos étudiants. Nous avons diplômé deux classes d’étudiants à ce jour. Et chacun d’entre eux a trouvé un emploi. Et nous avons de très bons retours des entreprises Ghanéennes et d’Afrique de l’Ouest. Et ce qui les impressionnent le plus c’est à propos du travail éthique. Vous savez, cette passion pour ce qu’ils font. Cette persistance, cette capacité à traiter avec ce qui est ambigu, cette capacité à s’attaquer à des problèmes nouveaux. Cela est bien parce que, voyez-vous, pendant ces cinq dernières années, il y a des fois où je me disais c’est “Mission Impossible”.
16:05
Et il est merveilleux de voir ces lueurs de promesses de ce qui peut arriver si nous formons bien nos enfants. Je crois que les les actuels et futurs leaders de l’Afrique ont cette incroyable opportunité de mener une renaissance majeure sur le continent. C’est une opportunité incroyable. Il n’y a plus beaucoup d’opportunités ce genre dans le monde. Je crois que l’Afrique a atteint un point d’inflexion avec des avancées démocratiques et des libres marchés à travers le continent. Nous avons atteint un moment à partir duquel peut émerger une société formidable en moins d’une génération Cela repose sur un leardership éclairé. Et je suis certain que la manière avec laquelle nous formons nos leaders fera toute la différence. Merci, et Dieu vous bénisse.”

Patrick Awuah qui avait démissionné de Microsoft aux USA pour éduquer les jeunes leaders africains

🇬🇭#Inspiration #retro Patrick Awuah qui avait démissionné de Microsoft aux USA pour éduquer les jeunes leaders africains en fondant l'Université Ashesi au Ghana sur TED. Il a récemment remporté le prestigieux Wise Prize for Education 2017, le « Nobel de l’éducation » doté de 500 000 dollars.L’entrepreneur ghanéen fondateur de Ashesi University au Ghana est le premier africain et le plus jeune lauréat à obtenir ce prix doté de 500.000 dollars et créé en 2011. Ancien employé de Microsoft aux USA, où il est diplômé de l’université de Californie à Berkeley, Patrick Awuah a créé Ashesi en 2002 au Ghana.Objectif : créer une université qui enseigne les compétences du 21ème siècle. Ashesi propose une éducation fondée sur deux piliers : l’éthique et l’empathie ainsi que l’innovation et la résolution de problèmes . En 2002, l'université a ouvert ses portes dans une maison en location avec une première classe de 30 étudiants. Aujourd’hui , elle possède un campus moderne sur 100 hectares avec près de 900 étudiants. Ashesi University College offre une formation de 4 ans en ingénierie, administration des affaires, informatique et systèmes d'information de gestion. La moitié des étudiants sont des femmes et plus de 20 pays sont représentés sur le campus. Chaque diplômé de Ashesi a trouvé un emploi de qualité, et presque tous sont restés en Afrique, où beaucoup ont démarré des entreprises.Si plusieurs africains avaient l’esprit critiques comme Patrick Awuah cela pourrait transformer l’Afrique, le continent ferait de grands progrès pour se débarrasser de la corruption, la faiblesse des institutions, et surtout des dirigeants qui n’ont pas de sens de l’éthique et qui sont inefficaces.À un moment où un certain nombre d’Africains font la queue devant les ambassades de pays étrangers dans l’espoir d’avoir des visas , espérant ainsi avoir «de meilleures conditions de vie», quelques rares comme Patrick Awuah retournent à la maison pour essayer d’apporter un changement.En 2001, après avoir vécu en Amérique pendant près de deux décennies, Patrick Awuah est retourné au Ghana. Il a quitté son emploi chez Microsoft, où il a gagné des millions en tant que gestionnaire de programme pour mettre en place l’Université Ashesi à Accra.« Si les dirigeants actuels avaient été éduqués d’une autre façon, s’ils étaient formés pour la résolution de problèmes, s’ils avaient une profonde compassion pour la société, nous serions plus avancés » a-t-il déclaréA son retour il ya 14 ans, il a découvert que pour chaque problème il y avait trois facteurs : La corruption, La faiblesse des institutions, et les gens qui les dirigent- les dirigeants. Patrick s’est posé deux questions très importantes: Qui sont ces dirigeants ? Pourquoi le Ghana produit des dirigeants qui sont sans éthique ou incapables de résoudre les problèmes? Dans la recherche des réponses, il a examiné le système éducatif du pays et a réalisé que rien n’avait changé pendant son absence.« C’est toujours l’apprentissage par cœur, depuis l’école primaire jusqu’aux études supérieures. Très peu d’accent sur l’éthique … et le diplômé typique d’une université au Ghana a un sens d’un droit acquis et aucun sens de la responsabilité ou du devoir. Ce n’est pas normal. »La détermination de Patrick Awuah pour résoudre ce problème a abouti à la conception et la naissance de l’Université #Ashesi, une institution crée pour favoriser le leadership des jeunes africains. « Toute société doit être très déterminée pour éduquer ses dirigeants … donc c’est ce que je fais maintenant. J’essaie d’apporter En Afrique, l’expérience que j’ai eu aux Etats Unis .Nous essayons de former les dirigeants avec une intégrité exceptionnelle, qui ont la capacité de faire face aux problèmes complexes, poser les bonnes questions, et de trouver des solutions viables »Traduction en Français de son discours "Comme beaucoup d'entre vous ici, j'essaie de contribuer à une renaissance de l'Afrique. La question de la transformation en Afrique est vraiment une question de leadership. L'Afrique ne peut être transformée que par des leaders éclairés. Et je suis certain que la manière avec laquelle nous éduquons nos leaders est fondamentale pour progresser sur ce continent. Je veux vous raconter quelques histoires qui illustrent mon point de vue. Nous avons tous compris, hier, l'importance des histoires. Une amie Américaine, cette année, s'est portée infirmière volontaire au Ghana. En trois mois, elle est arrivé à une conclusion à propos du leadership en Afrique qu'il m'avait fallut dix ans à comprendre. A deux reprises, alors qu'elle participait à des opérations chirurgicales, ils ont perdu le courant à l'hopital. Les générateurs d'urgence n'ont pas démarré il n'y avait pas de lampes de poche, pas une lanterne, pas une bougie. Noir total. Le patient est grand ouvert — les deux fois. La première fois c'était une césarienne. Heureusement, le bébé était sorti — la mère et l'enfant ont survécu.01:22La deuxième fois c'était pendant une opération avec anesthésie locale. Les anesthésiques disparaissent. Le patient sent la douleur. Il pleure. Il hurle. Il prie. Noir total. Pas une bougie, pas une lampe de poche. Et cet hôpital avait les moyens d'avoir des lampes de poches. Ils auraient pu se permettre d'en acheter, mais ils ne l'ont pas fait. Et c'est arrivé à deux reprises. Une autre fois, elle a vu avec horreur un patient mourir parce qu'ils refusaient de lui donner l'oxygène qu'ils avaient. Et donc, trois mois plus tard, juste avant qu'elle revienne aux Etats-Unis, les infirmières d'Accra se sont mises en grève. Et sa recommandation était de saisir cette opportunité pour renvoyer tout le monde, et tout recommencer à nouveau. Tout recommencer à nouveau.02:19Qu'est-ce que tout cela à avoir avec le leadership? Voyez-vous, les fautes du ministère de la santé, des administrateurs d'hopitâl, des médecins, des infirmières — ils ne sont que 5% de leurs pairs à avoir continué les études après le lycée. Ils sont l'élite. Ils sont nos leaders. Leurs décisions, leurs actes sont importants. Et quand ils échouent, une nation, littéralement, souffre. Et quand je parle de leadership, je ne parle pas seulement des leaders politiques. On a déjà beaucoup entendu parler de ça. Je parle de l'élite Ceux qui ont été formés. Et dont le travail est d'être les gardiens de leur société. Les avocats, les juges, les policiers, les médecins, les ingénieurs, les fonctionnaires — ceux-là sont les leaders. Et nous devons les former correctement.03:27Ma première expérience notable avec le leadership au Ghana a eu lieu quand j'avais 16 ans. Nous venions de subir un putsch militaire, et les soldats étaient omniprésents dans notre société. Ils étaient partout. Et un jour, en allant à l'aéroport pour retrouver mon père, alors que je marche sur cette pente herbeuse qui va du parking jusqu'au bâtiment du terminal, je suis arrêté par deux soldats brandissant des fusils d'assauts AK-47. Ils m'ont ordonné de rejoindre une foule de gens qui tournaient en rond un peu plus loin. Pourquoi ? Parce que le chemin que j'avais pris était considéré comme interdit. Rien ne l'indiquait.04:13J'avais 16 ans. J'étais très préoccupé par ce que mes camarades d'école pourrait penser si ils me voyaient tourner en rond sur cette colline. J'étais particulièrement préoccupé par ce que les filles pourraient penser. Alors j'ai commencé à discuter avec ces hommes. J'étais un peu imprudent mais, vous savez, j'avais 16 ans. J'ai eu de la chance. Un pilote de Ghana Airways s'est retrouvé dans la même situation. A cause de son uniforme, ils lui parlent différemment, et ils lui expliquent qu'ils ne font que suivre les ordres. Alors il prend leur radio, parle à leur chef et nous fait tous libérer. Quelles leçons tireriez-vous d'une telle expérience ? Plusieurs, quant à moi. Le leadership est important. Ces hommes suivent les ordres d'un officier supérieur. J'ai appris quelque chose sur le courage. Il était important de ne pas regarder les armes. Et j'ai aussi appris qu'il peut être utile de penser aux filles.05:08(Rires)05:10Quelques années après cet évènement, j'ai quitté le Ghana avec une bourse pour aller étudier au Swarthmore College. Ce fut une grande bouffée d'oxygène. Dans cette université là, ils ne voulaient pas que nous mémorisions l'information pour leur répéter, comme j'en avais l'habitude au Ghana. Ils voulaient que nous pensions de manière critique. Que nous soyons capables d'analyser. Ils voulaient que nous soyons concernés par les problèmes sociaux. Dans mes cours d'économie, j'ai obtenu de bonnes notes pour ma compréhension des principes économique de base. Mais j'ai appris quelque chose de plus profond que ça, c'est que les leaders — les administrateurs de l'économie du Ghana — prenaient des décisions incroyablement mauvaises qui ont amené notre système au bord de l'effondrement. Et donc, voici encore cette leçon — le leadership est important. Il importe énormément.06:08Mais je n'avais pas tout à fait compris ce qui m'était arrivé à Swarthmore. J'avais juste une intuition. Mais je l'ai vraiment réalisé quand je suis arrivé sur le marché du travail et que je suis allé travailler à Microsoft. Je faisais alors partie de cette équipe — cette équipe qui pense et réfléchit, et dont le travail était de concevoir des nouveaux logiciels qui créent de la valeur à travers le monde. Et c'était brillant de faire partie de cette équipe. C'était brillant. Et j'ai alors réalisé ce qui m'était arrivé à Swarthmore, cette transformation — cette capacité à confronter les problèmes, les problèmes complexes, et à concevoir des solutions pour ces problèmes. La capacité de créer est la chose la plus gratifiante qui puisse arriver à un individu. Et j'en faisais partie.07:04Pendant que j'étais à Microsoft, les revenus annuels de cette compagnie ont dépassé le PIB de la République du Ghana. Et d'ailleurs, ils continuent d'augmenter. L'écart s'est élargi depuis que je suis parti. J'ai déjà parlé des raisons pour lesquelles cela est arrivé. C'est que les gens là-bas travaillent si intensément, ils sont persistants, créatifs, investis. Mais il y avait aussi des facteurs externes : libres marché, droit, infrastructures Tout cela était apporté par des institutions dirigés par ces gens que j'appelle les leaders. Et ces leaders ne sont pas apparus spontanément. Quelqu'un les a formés à faire le travail qu'ils font. Pendant que j'étais à Microsoft, cette drôle de chose est arrivée. je suis devenu père. Et pour la première fois, l'Afrique a compté pour moi plus que jamais. Parce que j'ai compris que l'état du continent africain serait important pour mes enfants et leurs enfants. Que l'état du monde — l'état du monde dépend de ce qui se passe avec l'Afrique, et que mes enfants seraient concernés.08:28Et à cette époque, alors que je traversais ce que j'appelle ma "crise de milieu de vie", l'Afrique était en pagaille. La Somalie s'était dissoute dans l'anarchie. Le Rwanda était dans les souffrances du génocide. Et il m'a semblé que cétait la mauvaise direction, et que j'avais besoin de revenir pour aider. Je ne pouvais pas juste rester à Seattle et y élever mes enfants dans un quartier aisé et me sentir bien comme ça. Ce n'était pas le monde dans lequel je voulais voir mes enfants grandir. Alors j'ai décidé de m'engager, et la première chose que j'ai faite a été de retourner au Ghana et parler avec beaucoup de gens et essayer de comprendre ce qu'étaient les vrais problèmes. Et trois causes revenait sans cesse pour chaque problème : corruption, institutions faibles et les personnes qui les dirigent — les leaders09:27J'étais un peu effrayé parce que, quand vous voyez ces trois problèmes ils semblent vraiment durs à résoudre. Et on pourrait se dire : n'essaie même pas. Mais, pour moi, la question était : Mais d'où viennent ces leaders ? Comment se fait-il que le Ghana produise des leaders malhonnêtes et incapables de résoudre les problèmes ? Je suis donc allé voir ce qui se passait dans notre système d'éducation. Et c'était la même chose– l'apprentissage par coeur — de l'école primaire aux études supérieures. L'accent était très peu mis sur l'éthique. Et un étudiant lambda, un diplômé typique d'une université au Ghana a un sens plus fort de ses propres droits que de ses responsabilités. Ce n'est pas bien.10:19J'ai décidé de me confronter à ce problème en particulier. Parce qu'il me semble que chaque société, chaque société, doit être très attentive dans sa manière de former ses dirigeants. Et le Ghana ne faisait pas assez attention. Et cela est vrai à travers tout l'Afrique sub-saharienne. Donc voilà ce que je fais maintenant. J'essaie d'apporter en Afrique ce que j'ai appris à Swarthmore. Je souhaite qu'il y ait une université d'arts libéraux dans chaque pays d'Afrique. Je pense que cela ferait une grande différence. Et ce que l'Université d'Ashesi essaie de faire est de former une nouvelle génération de leaders honnêtes et entreprenants. Nous essayons de former des dirigeants d'une intégrité exceptionnelle, qui ont la capacité de se confronter à des problèmes complexes, de poser les bonnes questions et d'arriver avec des solutions réalisables.11:24J'avoue qu'il y a des fois où cela ressemble à "Mission Impossible". Mais nous devons croire en l'intelligence de ces jeunes. Que si on s'implique dans leur éducation, si on les fait discuter des vrais problèmes auxquels ils se confrontent, auxquels la société entière se confronte — et si nous leurs donnons les compétences qui leur permettent de se mesurer au monde, alors la magie arrivera. Un mois après le début du projet, nous venions de commencer les cours. Et un mois après, j'arrive à mon bureau, et je tombe sur un email de l'un de nos étudiants. Et il disait, très simplement, "Maintenant, je pense". Et il signe "Merci". C'est une déclaration tellement simple. Mais j'en étais ému presque jusqu'aux larmes parce que j'avais compris ce qui était entrain d'arriver à ce jeune homme. Et c'est une chose fabuleuse d'aider quelqu'un comme cela. Maintenant, je pense.12:43Cette année-là, nous avions mis au défi nos étudiants de créer eux-mêmes un code d'honneur. II y a un très vif débat en ce moment au sein de l'université, pour savoir s'il devrait y avoir un code d'honneur, et si oui, à quoi il devrait ressembler. Une étudiante a posé une question qui m'a fait chaud au coeur. Peut-on créer une société parfaite ? Le fait d'avoir compris qu'un code d'honneur écrit par des étudiants puisse être un chemin vers la perfection est incroyable. Bien sûr, on ne peut pas atteindre la perfection. Mais si on tend vers elle, on peut atteindre l'excellence. Je ne sais pas ce qu'ils vont faire au bout du compte. Je ne sais pas s'ils décideront d'avoir ce code d'honneur. Mais le débat qu'ils ont en ce moment — sur ce à quoi leur belle société devrait ressembler, ce à quoi leur excellente société devrait ressembler — est une très bonne chose.13:50Je n'ai plus de temps ? OK. Voilà, je veux laisser cette diapo parce qu'il est important qu'on y pense. Je suis très excité par le fait que chaque étudiant rendent des services à la communauté avant d'être diplômé. Pour beaucoup d'entre eux, cela a été une forte expérience de vie. Ces jeunes futures leaders commencent à comprendre ce qu'est vraiment le leadership Le vrai apanage du leadership, qui est, après tout, de servir l'humanité. Je suis encore plus enchanté par le fait que l'année dernière notre corps étudiant a élu une femme pour être à la tête de notre Conseil Etudiant. C'est la première fois dans l'histoire du Ghana qu'une femme a été élue à la tête d'un Conseil Etudiant dans une université. Cela en dit beaucoup à propos d'elle. Cela en dit beaucoup sur la culture qui se forme dans le campus. Cela en dit beaucoup sur ses camarades qui l'ont élu. Elle a gagné avec 75 % des votes.15:13Et cela me donne beaucoup d'espoir. Il s'avère que les entreprises d'Afrique de l'Ouest apprécie également ce qui se passe avec nos étudiants. Nous avons diplômé deux classes d'étudiants à ce jour. Et chacun d'entre eux a trouvé un emploi. Et nous avons de très bons retours des entreprises Ghanéennes et d'Afrique de l'Ouest. Et ce qui les impressionnent le plus c'est à propos du travail éthique. Vous savez, cette passion pour ce qu'ils font. Cette persistance, cette capacité à traiter avec ce qui est ambigu, cette capacité à s'attaquer à des problèmes nouveaux. Cela est bien parce que, voyez-vous, pendant ces cinq dernières années, il y a des fois où je me disais c'est "Mission Impossible".16:05Et il est merveilleux de voir ces lueurs de promesses de ce qui peut arriver si nous formons bien nos enfants. Je crois que les les actuels et futurs leaders de l'Afrique ont cette incroyable opportunité de mener une renaissance majeure sur le continent. C'est une opportunité incroyable. Il n'y a plus beaucoup d'opportunités ce genre dans le monde. Je crois que l'Afrique a atteint un point d'inflexion avec des avancées démocratiques et des libres marchés à travers le continent. Nous avons atteint un moment à partir duquel peut émerger une société formidable en moins d'une génération Cela repose sur un leardership éclairé. Et je suis certain que la manière avec laquelle nous formons nos leaders fera toute la différence. Merci, et Dieu vous bénisse."

Posted by Afrique Jeune Entrepreneur on Wednesday, March 21, 2018

Source: Afrique Jeune Entrepreneur

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