Zone de libre-échange africaine : Quel impact sur le continent ?

Zone de libre-échange africaine : Quel impact sur le continent ?


La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est entrée dans sa phase de mise en œuvre effective, le 1er janvier dernier.

Il s’agit dorénavant de l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, couvrant un marché de plus de 1,2 milliard de personnes, avec un PIB estimé à plus de 3 000 milliards de dollars. Elle devrait permettre aux pays africains de faire sortir de l’extrême pauvreté près de 30 millions d’habitants.

Son lancement fait suite à plusieurs années de tractations et à des reports successifs, notamment en raison de la pandémie de Covid-19.

Pourquoi une zone de libre-échange continentale ?

La création de la ZLECAf vise essentiellement à faciliter les échanges commerciaux entre les pays africains. À long terme, la libéralisation du commerce dans la ZLECAf réduira les coûts commerciaux, permettant aux consommateurs d’accéder à plus de produits à bas prix

La zone de libre-échange stimulera également la compétitivité des producteurs, à travers la baisse des coûts des matières premières importées et des intrants intrants.

Par ailleurs, elle renforcera la concurrence entre les entreprises, qui disposeront désormais d’un vaste marché régional.

Le domaine commercial résoudra les problèmes liés à l’appartenance à des blocs commerciaux régionaux, tels que le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), la Cedeao en Afrique de l’Ouest, la Sadc dans le sud et la Communauté de l’Afrique de l’Est.

Qu’est-ce qui a changé ?

Dans le cadre de l’accord commercial, les pays signataires ont convenu de supprimer 90% des droits de douane sur un délai de dix ans. Cette décision entrera en vigueur de façon progressive, selon le secrétariat de la ZLECAf.

La zone de libre-échange constituera ainsi un marché unique, facilitant la libre circulation des biens et des services. La réduction de la bureaucratie et la simplification des procédures douanières entraîneront des gains de revenus importants. Au-delà du commerce, le pacte aborde également la circulation des personnes et de la main-d’œuvre, la concurrence, l’investissement et la propriété intellectuelle.

Combien de pays adhèrent à la ZLECAf ?

A cette date, 54 pays africains sur les 55 ont signé l’accord instituant la ZLECAf. Seule l’Érythrée hésite encore à intégrer le bloc commercial. 34 pays ont ratifié l’accord et 41 pays et unions douanières ont proposé des offres de réduction des tarifs. Cela signifie que la très grande majorité des pays du continent sont favorables à l’accord.

A quels défis sera confrontée la ZLECAf ?

Malgré les opportunités que présente ce nouveau marché continental, plusieurs défis restent à relever. Les craintes de pertes importantes de recettes tarifaires, ainsi qu’une répartition inégale des coûts et des bénéfices comptent parmi les principaux obstacles à la mise en œuvre de la ZLECAf.

Selon la CNUCED, des mesures d’accompagnement devraient être envisagées pour un partage équitable des coûts et des avantages, afin de réduire les coûts d’ajustement et atteindre les objectifs à long terme de la ZLECAf.

Malgré ces défis, des efforts visant à stimuler l’économie après la pandémie figureront probablement parmi les principaux points de l’ordre du jour de la plupart des gouvernements africains. Par conséquent, dans les prochains mois, on assistera probablement à une poussée concertée des États membres de la ZLECAf, pour garantir la mise en œuvre effective de l’accord. Si ces efforts portent leurs fruits, il ne fait aucun doute que la ZLECAf a le potentiel de devenir l’un des accords les plus influents de l’histoire du continent.

Quelles sont les prochaines étapes ?

La ZLECAf a été conçue comme un processus en plusieurs étapes, ce qui signifie que l’accord continuera d’évoluer au fil du temps. La première phase, couvrant le commerce des biens et services, est entrée en vigueur cette année, bien que les négociations pour finaliser les listes tarifaires et mettre en place les régulations se poursuivent.

Les négociateurs vont entreprendre la phase 2, qui consiste à élaborer des protocoles sur l’investissement, la politique de la concurrence et les droits de propriété intellectuelle (DPI). Une troisième phase impliquera la négociation d’un protocole de commerce électronique.

Un autre facteur est l’impact de la pandémie du COVID-19, qui, selon la Banque mondiale, entraînera une récession en Afrique, même si l’ampleur des dégâts n’est pas encore connue. Le retard dans l’obtention des vaccins nécessaires pour immuniser les populations contre le virus est une autre préoccupation.

Pour rappel, la pandémie de COVID-19 a été la cause principale du lancement tardif de la ZLECAf, qui avait été reporté de juillet 2020 à janvier 2021.

Auteur

Avatar

Elom Kpadonou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *